28/03/2016

Viticultrices : un pluriel bien singulier !

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La conférence de Jean Louis Escudier (1), à la salle Mandela, sur le thème : « viticultrices : un pluriel bien singulier » a rencontré un vif succès et suscité un débat très animé. Balayant le siècle à travers des photos d’hier et d’aujourd’hui, l’universitaire a pointé la situation inégalitaire du salariat féminin mais aussi la diversité des statuts sociaux.

Ainsi, les tâches dévolues aux femmes les montrent courbées, agenouillées dans les travaux de sarmentage ou encore de cueillette. L’homme, à côté d’elle, souvent en position de surveillance du travail féminin est debout , il porte la hotte ou conduit le tracteur. En cave également, il sera contremaître et sa consœur : manœuvre non qualifiée. C’est, pour l’universitaire, dans ce domaine et notamment en œnologie, que l’évolution est aujourd’hui la plus flagrante. Non seulement les femmes s’y sont fait une place à l’égal des hommes mais dans de prestigieux domaines viticoles en Bourgogne ou dans les Côtes du Rhône elles sont devenues : « maîtres » de chais. Image2.jpg


L’exemple du greffage permet également, à Jean Louis Escudier de montrer que les femmes elle-même ont intériorisé pendant longtemps le bien fondé de cette discrimination. En effet sinon comment expliquer que cette tâche requérant à priori des compétences « féminines » de patience, minutie et adresse sera confié, après la crise du phyloxera, aux hommes prétendument mieux qualifiés pour cet ouvrage sinon pour justifier le cantonnement des femmes, dans les tâches les plus ingrates et les moins rémunérées.

Ni les deux guerres mondiales, ni les contingences économiques ne remettront en cause ce système inégalitaire de la rémunération, en viticulture, du travail des femmes payées à « mi-prix » du salaire de l’homme. C’est l’évolution des mœurs à partir des années 60 qui en France, va modifier ce rapport salarial en viticulture comme dans d’autres domaines. Combat de longue haleine, puisque, nous dit l’universitaire : « à l’occasion de telle ou telle introduction de nouvelle technologie, l’argumentation d’incompétences techniques ou physiques ressurgit alors que l’adaptation ergonomique permet très vite de donner la possibilité aux femmes de faire les mêmes tâches que les hommes ». L’économiste, termine en montrant à travers d’autres exemples, « qu’aujourd’hui ces discriminations dans les emplois et les salaires n’ont pas disparues en viticulture mais qu’elles ne concernent plus seulement les femmes et que la différenciation se fait alors sur le niveau de qualification ».jean louis escudier,femmes et viticulture,travaux des femmes en viticulture,vallée de l'agly,estagel,avin d'estagel,vignerons d'estagel

Cet exposé très riche et bien documenté va laisser place à une discussion entre l’intervenant et la salle qui s’est prolongée autour de l’apéritif proposé par l’association des vignerons indépendants d’Estagel. Les participants ont pu ainsi apprécier la qualité et la diversité des vins des domaines estagelois. La présidente Nadine Sire a alors rappelé les prochains rendez-vous de l’association : la restauration du Casot Mas Rafaël, sur la commune de Montner, autour d’une grillade le samedi 16 avril et la soirée « Vins et Casot » le 9 juillet. Deux dates à retenir.
Hélène Pons Gralet, février 2016


(1) : Jean-Louis ESCUDIER. Contribution à l’histoire des rapports économiques de genre : application à la viticulture française 1850-2010. Sous la dir. de Nicolas Marty. Perpignan : Université de Perpignan Via Domitia, 25 juin 2014. 2 vol. (519 p. + 290 p.)

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La restauration des casots en marche à Estagel

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L’association des vignerons indépendants d’Estagel(1) va procéder aux premiers travaux sur le casot du Domaine Deveza au lieu-dit : « Mas Rafaël ». Après élagage et débroussaillage il s’agit aujourd’hui de remettre en état la bâtisse : plancher, toiture et nettoyage. Une matinée sera nécessaire pour ces menus travaux . Elle est programmée le samedi 16 avril à partir de 9H00 et ouverte à toutes les bonnes volontés. Le moment est avant tout convivial : une grillade et dégustation des vins des Domaines sont bien sûr au rendez vous. Ce repas au tarif de 10 euros va permettre de contribuer au budget restauration des casots. Une balade dans les vignes, autour des casots est également programmée dans l’après midi qui montrera l’intérêt de ces remises en état pour la viticulture locale et l’oenotourisme qui s’y développe. Pour plus d’information et inscription contacter Nadine : 06 89 29 38 45 ou Christine : 06 26 67 08 62 ou envoyer votre participation à AVIN d’Estagel, 1 avenue Jean Lurçat 66 310 ESTAGEL.

 


(1) : Domaines Bousquet, Comelade, Deveza, Dona Baissas, Hilary, Pons Gralet, Les Schistes, Vinci et le Mas Camps.