28/03/2016

Bientôt : femmes et viticulture à l'honneur à Estagel!

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L’association des vignerons indépendants d’Estagel qui œuvre pour la reconnaissance des vins et du patrimoine viticole local organise une conférence débat sur les Femmes dans la viticulture : le samedi 27 février à 18H00 salle Mandela.
Un peu avant la journée de la femme, Jean Louis Escudier, économiste, chargé de recherche au CNRS de Montpellier, retracera la situation du travail féminin en prenant l’exemple de nos villages de l’Aude et des Pyrénées Orientales. Dans son exposé intitulé « Viticultrices : un pluriel bien singulier (1) il nous explique comment tout au long du XXème siècle le travail féminin par sa disponibilité et sa souplesse devient un élément indispensable tant pour l’employeur que pour l’ouvrier salarié. Sous prétexte de différences physiques, le travail viticole est ainsi un bon exemple d’une forte discrimination entre les hommes et les femmes. Et pour Jean Louis Escudier : « Ni les conflits mondiaux, ni les transformations liées à la mécanisation ne remettront en cause l’essence de la répartition du travail viticole. La non reconnaissance des qualifications et compétences et les disparités salariales qui en découlent perdureront dans leurs grandes lignes ».
Après cet exposé, les participants pourront interroger l’intervenant et notamment sur l’actualité de ses propos dans un monde agricole où encore 1/3 de la population active est féminine. Les vignerons organisateurs proposeront ensuite la dégustation de leur vin.

Hélène Pons Gralet, février 2016

(1) : Contribution à l’économie des rapports de genre, les femmes en viticulture au XXème siècle Jean Louis Escudier, Chargé de recherche CNRS, LAMETA/ Université Montpellier 2008

journée des droits de la femme, 8 mars 2016, Jean Louis Escudier, les femmes et la viticulture,

Viticultrices : un pluriel bien singulier !

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La conférence de Jean Louis Escudier (1), à la salle Mandela, sur le thème : « viticultrices : un pluriel bien singulier » a rencontré un vif succès et suscité un débat très animé. Balayant le siècle à travers des photos d’hier et d’aujourd’hui, l’universitaire a pointé la situation inégalitaire du salariat féminin mais aussi la diversité des statuts sociaux.

Ainsi, les tâches dévolues aux femmes les montrent courbées, agenouillées dans les travaux de sarmentage ou encore de cueillette. L’homme, à côté d’elle, souvent en position de surveillance du travail féminin est debout , il porte la hotte ou conduit le tracteur. En cave également, il sera contremaître et sa consœur : manœuvre non qualifiée. C’est, pour l’universitaire, dans ce domaine et notamment en œnologie, que l’évolution est aujourd’hui la plus flagrante. Non seulement les femmes s’y sont fait une place à l’égal des hommes mais dans de prestigieux domaines viticoles en Bourgogne ou dans les Côtes du Rhône elles sont devenues : « maîtres » de chais. Image2.jpg


L’exemple du greffage permet également, à Jean Louis Escudier de montrer que les femmes elle-même ont intériorisé pendant longtemps le bien fondé de cette discrimination. En effet sinon comment expliquer que cette tâche requérant à priori des compétences « féminines » de patience, minutie et adresse sera confié, après la crise du phyloxera, aux hommes prétendument mieux qualifiés pour cet ouvrage sinon pour justifier le cantonnement des femmes, dans les tâches les plus ingrates et les moins rémunérées.

Ni les deux guerres mondiales, ni les contingences économiques ne remettront en cause ce système inégalitaire de la rémunération, en viticulture, du travail des femmes payées à « mi-prix » du salaire de l’homme. C’est l’évolution des mœurs à partir des années 60 qui en France, va modifier ce rapport salarial en viticulture comme dans d’autres domaines. Combat de longue haleine, puisque, nous dit l’universitaire : « à l’occasion de telle ou telle introduction de nouvelle technologie, l’argumentation d’incompétences techniques ou physiques ressurgit alors que l’adaptation ergonomique permet très vite de donner la possibilité aux femmes de faire les mêmes tâches que les hommes ». L’économiste, termine en montrant à travers d’autres exemples, « qu’aujourd’hui ces discriminations dans les emplois et les salaires n’ont pas disparues en viticulture mais qu’elles ne concernent plus seulement les femmes et que la différenciation se fait alors sur le niveau de qualification ».jean louis escudier,femmes et viticulture,travaux des femmes en viticulture,vallée de l'agly,estagel,avin d'estagel,vignerons d'estagel

Cet exposé très riche et bien documenté va laisser place à une discussion entre l’intervenant et la salle qui s’est prolongée autour de l’apéritif proposé par l’association des vignerons indépendants d’Estagel. Les participants ont pu ainsi apprécier la qualité et la diversité des vins des domaines estagelois. La présidente Nadine Sire a alors rappelé les prochains rendez-vous de l’association : la restauration du Casot Mas Rafaël, sur la commune de Montner, autour d’une grillade le samedi 16 avril et la soirée « Vins et Casot » le 9 juillet. Deux dates à retenir.
Hélène Pons Gralet, février 2016


(1) : Jean-Louis ESCUDIER. Contribution à l’histoire des rapports économiques de genre : application à la viticulture française 1850-2010. Sous la dir. de Nicolas Marty. Perpignan : Université de Perpignan Via Domitia, 25 juin 2014. 2 vol. (519 p. + 290 p.)

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Débroussaillage au casot de Montner

En juillet 2015, pour la préparation de la soirée du 7 août  un premier rendez vous a été programmé au casot du Domaine Deveza au lieu dit "Mas Rafaël". Les forces vives des domaines : les plus jeunes guidés par l'expérience de leur aînés ont débroussaillé, élagué les abords de la bâtisse pour lui rendre sa belle apparence.

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Benoit Bousquet, Gadric Bareil, Mikaël Sire admirent leur  travail